Mardi 21 mai 2013


DU MARDI AU SAMEDI MIDI

VENDREDI ET SAMEDI SOIR


Réservations vivement conseillées au

04 94 05 49 76 ou 06 74 16 97 02



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Chronique du 21 mai 2013


 C'est quand même bien peu de dire que Toulon est une belle ville. Placée sous la protection de l'auguste Faron, qui jette son oeil vert vigilant et bienveillant sur cette étroite bande citadine plongeant ensuite vers l'infini de la plus belle rade d'Europe, on s'étonne qu'elle puisse, aussi bien, incarner la souffrance. Elle arbore pourtant fièrement ses couleurs. Le jaune du soleil, l'or du ciel, celui qui veille, aux côtés du mont, sur cette épatante lumière qui éclaire la ville quasiment toute l'année. Le bleu de ce ciel obstiné qui s'impose d'azur de l'aube au crépuscule, où d'infinies étoiles l'incrustent de diamants. Je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi -si j'en avais- de vivre ailleurs qu'à Toulon !
Mais alors, vous demanderez-vous, qu'est-ce qui cloche à Toulon ? Ben rien … Ah si ! Je viens d'entendre derrière moi, une voix perfide et anonyme, me répondre : les Toulonnais. Alors là, attention ! Je ne tolèrerai aucun discours allusif sur la dégénérescence de la race -et de la rade-. Et même si je n'ai pas eu la chance d'y naître, j'ai vécu plus de temps ici que partout ailleurs, je suis donc plus toulonnais qu'un homme de 29 ans, né à Font-Pré. Bon, je ne vais quand même pas le mentionner sur ma carte de visite, ni moins encore m'en vanter, d'ailleurs il y en a suffisamment sur place, qui font cela impeccablement !
Non, ce qui m'a fait reprendre conscience de la pure beauté de cette ville, c'est notre sortie en couple, mardi soir à l'Opéra -ou au grand Théâtre car les deux se disent je crois-. Hors mis la place Lambert, peut-être, qui mériterait un classement immédiat à l'UNESCO, il n'existe probablement plus bel endroit au monde que ce boulevard de Strasbourg dont l'éclatante blancheur, s'adoucit à la nuit sous la caresse de lumières jaunes. Au milieu, éclate donc cet Opéra flamboyant comme une ouverture de Rossini. On y pénètre alors avec la même solennité, teintée de timidité, comme écrasé -en tout cas dominé- par cette sobriété monumentale.
Nous y croisons quelques artistes, des pdg, des internationaux, des ténors du barreau et des barytons du scalpel. On se sent un peu dérisoires au milieu d'une élite qui, comme un long vol de chauve-souris, déferle la nuit d'on ne sait où, tandis que la plus belle ville du monde se transforme, le jour, en coquille vide. Et en effet on se sent peu de chose, lorsque la société évacue le parking Liberté. Les BM, les Merco, les Audi, version cabriolet pour ces dames en vison, façon 4X4 avec pare-buffle pour les messieurs à cigare. Ouf, me disais-je en moi-même, les socialos ne leur ont donc pas tout pris...
Ce soir, on donnait la Flûte. De Mozart. L'oeuvre majeure, majuscule, est l'une des toutes dernières du prodige qui, venant à peine de naître, n'allait pas tarder à rejoindre le cortège de l'éternité dans un Requiem forcément inachevé... La Flûte enchantée, vous savez, c'est cet Opéra où la Reine de la nuit se lance dans une sorte de vocalise incantatoire improbable et totalement virtuose. Las, on lisait dans Var Larynx que la soprano américaine avait la corde chevrotante ! Il faudra que l'on réécoute ça, parce qu'avec une bonne, qu'est-ce que ça doit être !
C'est l'histoire d'une initiation maçonnique, celle de Tamino qui avec son encombrant compagnon de route -Papageno- doit réussir l'épreuve d'intronisation organisée par le grand maître Sarastro, pour mériter la main de Pamina, qu'il a lui même soustrait de l'emprise équivoque de sa maman, Reine de la nuit. Ça a l'air un peu compliqué comme ça, mais, rassurez-vous... ça l'est ! Surtout en allemand.
Mais alors qu'est-ce que c'est beau ! Tenez, on en pleurerait. Ou se ferait frère. Pour rouler en BM. Parce que le coup du parking, tout à l'heure, c'était ça. On ne se rend pas aux premières loges de l'opéra en Twingo ni en bleu de travail... Mais attention, je ne dénigre pas. J'ai, moi même de nombreux amis franc-macs. D'ailleurs, dans cette somptueuse cité si tu n'as pas quelques amis initiés, eh bien c'est simple, tu n'as pas d'amis ! Mais ne comptez pas sur moi pour vous dire si j'en suis. D'ailleurs on m'a bien recommandé de garder le silence. A l'instar de Papageno...
Enfin voilà, tout ça pour vous dire que nous passâmes une somptueuse soirée dans l'un des plus beaux endroits de la terre. Ce monument édifié par M. Garnier, dix ans avant celui qu'il bâtit à Paris sous son nom, reste aussi une merveille d'acoustique. La toile marouflée de Louis Duveau, fresque de 15 mètres sous la coupole, les anges soutenant les candélabres, les tentures et les ors, font de l'intérieur du théâtre quasiment l'égal de son architecture extérieure devant laquelle, en bon toulonnais, Raimu trône, plastronne même, fièrement.
Nous assistions, avec Marie, à notre premier Opéra. Nous fêtions là, nos trente-cinq ans de mariage. Et attention à celui qui viendrait à dire, qu'après tout ce temps, ma flûte est forcément désenchantée...
Jaco
J'adresse mes amicales salutations à Claude-Henri, l'heureux directeur du temple de la musique, ainsi qu'à Sylvie et Patrice, nos fidèles violon et contrebasse


Nouvelle spécialité sur la carte de Jaco :
la flûte enchantée de l'Aveyron

Et un grand merci à mon ancien confrère et ami, René (G) dont la plume et les indiscrétions d'ovalie ont agrémenté la lecture de Nice Matin pendant fort longtemps. Il était un peu le Tamino de notre maître à tous, le Grand Raymond (B) chantre du RCT et de l'Opéra.  Mais il défend toujours avec la même énergie cette ville de Toulon qu'il fait encore visiter -photo ci-dessous-. Sous sa sublime crinière blanche, bout encore cet esprit potache et goguenard. Comme nous le cultivons ici, sans prétention aucune... 
 
« Vous prenez un ancien journaliste, accroché au rugby en général et au R.C.T  en particulier. Vous y ajoutez quelques miettes du R.C.H avec quelques touches de safran à la manière du mec bonnard de Dédé Véran. Sur la partition, un superbe Sarastro, bien constitué, à la voix solide et solennelle. A ses côtés, deux amants que vous découvrirez en bouche avec des sensualités et des recherches existentielles. Agrémenter le tout avec un Papageno irresistible et une Papagena qui vous laissera baba dès lors qu'elle aura levé son masque de vieillarde.
Dans tous ces symboles, la Reine de la Nuit vous éblouira avec ses variations superbes comme toutes ces olives noires qui remplissent la Provence et la Méditerranée.  Trois belles fleurettes vous dérouteront avec leurs salades exotiques tandis que les parfums d'orient seront là avec quelques grains de coriandre et beaucoup de tapenade.
Dans cet univers maçonnique où la numérologie est symbolique jusqu'au chiffre 7 et les triangles associés en étoile, vous servirez l'ensemble en toute fraternité en n'oubliant pas d'aimer l'aligot, le cassoulet et les tripous....Sans oublier que les rad- socs du Sud Ouest aiment bien la Flûte Enchantée et son symbolisme...
Amicalement et au plaisir de venir à Aubrac sur Mer.


Un avis « gratiné » sur

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager l'avis de l'internaute « nenedumour » publié par le site de voyage Tripadvisor et qui vaut son pesant de fiel. Je sais que beaucoup d'entre-vous sont ulcérés par ces procédés dont les relents nous renvoient toujours aux périodes glauques et peu glorieuses du siècle dernier. Mais, si comme tout ce que vous lisez ici, vous parvenez à l'accrocher au second degré , cela peut devenir tout de même désopilant. Il dit que « c'est gras » notre bon Néné du Mourillon. Moi qui n'ai jamais utilisé une friteuse ! Vous trouvez pas ça drôle ? Quant à ceux qui peuvent s'indigner de voir notre cote baisser par le fait de l'olibrius en question, rien ne vous empêche de déposer, vous aussi, un avis plus « constructif » sur ce site qui, jusque-là, ne nous avait réservé que de belles (et justes) critiques.

La chaleur humaine ne remplace
pas une bonne cuisine..”
par « nenedumour »
2 5 étoiles
"Pour changer un peu des restau habituels, une réservation à l'Aubrac sur Mer un soir d'hiver (NDLR janvier 2013).
C'est vrai le chef parle facilement mais surtout pour critiquer les Toulonnais, lui qui est un pur produit de l'Aubrac... Il persiste et signe dans un blog "agressif" qui sépare les convives entres "ses amis" et les "autres" à qui il trouve tous les défauts du monde...
Côté cuisine, bien typé massif central, c'est vrai. Mais surtout typé "gras" entre charcuterie et aligot, On sort de là avec un besoin urgent de deux citrates de bétaïne. Mais lui vous dira que vous n'avez rien compris et que vous auriez du rester chez vous..."

La réponse d'Aubrac sur mer à Néné du Mourillon
J'ignore au profit de qui, mais c'est un joli règlement de compte ! Avec une élégance très « couleur locale » et une finesse apparemment du niveau de ma cuisine. Que vous semblez effectivement avoir du mal à digérer puisque, ingurgitée un soir d'hiver, vous la vomissez un matin de printemps... Quant à l'agressivité, mon cher, vous en parlez en expert. Mais avec le courage du cafard et la légèreté du corbeau.
Félicitations...

Un avis « velouté » sur 
Et puis comme en échos et pour me réconcilier immédiatement avec ce site que je tiens pour sérieux, est tombé le lendemain cette belle et gentille critique. Cette fois elle n'a rien d'anonyme, car il me semble bien reconnaître cette « bouille » je parle pas du bébé mais du barbu. Alors merci à Patrick.L. Je te reprendrai même en photo...

« C'est bon comme là-haut » par Patrick.L

« Chaque moment passé à la table de Jacques et son épouse est un délice, tant pour l'accueil que pour le contenu (généreux) des assiettes. Mention particulière au tartare qui mérite à lui seul le détour. Mais je pourrais en dire autant du foie de veau, ou du carré d'agneau... Finalement, le seul moment pénible, c'est celui où il faut choisir ! »






Se lever tôt pour notre tartare ! 


Et voici le tartare. D'Aubrac bien entendu. Et c'est là que ça change tout. Avez-vous déjà remarqué combien ces steaks crus n'ont, d'ordinaire, d'autre goût que celui des condiments dont le seul objet est de dissimuler la médiocrité de la viande.
Ici, nous sommes fiers de la saveur sans pareil de la race label rouge Aubrac. Elle est typée, savoureuse, authentique et ne doit évidemment rien à quelques vaches distribuées par des multinationales. Des vaches hollandaises et des pays de l'est, usées par les milliers de litres de lait soutirés dans les boxes métalliques qu'elles ne quittent jamais. C'est d'ailleurs souvent à moitié mortes qu'elles sont achevées. Un vrai soulagement pour elles. On ne peut en dire autant pour le consommateur, qui déguste ce produit déjà conditionné ou congelé,  ignorant bien souvent pourquoi le prix de vente du tartare n'est pas excessif !
Bref, nous avons réhabilité le boeuf de boucherie. Solide sur ses appuis...
Outre ces qualités intrinsèques et cardinales il y a, sans se vanter, le soin apporté à la préparation. Nos tartares sont faits à la minute (ou dans les cinq minutes si nous avons quelques clients) avec les ingrédients habituels et quelques petites touches personnelles. Comme le piment d'espelette qui se substitue à l'ignoble tabasco. Aussi merci d'accepter notre préparation. Vous aurez en prime la bonne surprise de ne pas avoir à vous empiffrer de frites, mais de savourer un aligot léger comme l'air ou des légumes du marché...
Il sera le champion de notre carte jusqu'à la fin septembre.

Chronique du 14 mai revue et rougie


         Reconstruire votre palais         

A défaut de rebâtir un centre digne d'une grande ville baignée de soleil et bercée de souvenirs, faute de ne pouvoir reprendre l'architecture portuaire par le bon bout et dans l'incapacité de déplacer la montagne de Grand Var vers la rue d'Alger (comme tous les élus, ceux qui en avaient le pouvoir, l'auraient dû faire), j'avais entrepris de reconstruire le palais des toulonnais. Improbable gageure ! On ne voit que des Turcs, chich-kebabistes très expérimentés, pour relever un pareil défi. Ils ont d'ailleurs mis en place plusieurs laboratoires sur le port et dispensent des cours de cuisine à tarif modéré. L'odeur de graillon est en prime.
Cela faisait belle luette que j'y pensais tout en pressentant que ce serait un travail de longue et -peut-être aussi de mauvaise- haleine. Lorsqu'après l'avoir eu sur le bord des lèvres, puis en avoir pris langue, j'eus trouvé ce local, Place Lambert, à me mettre sous la dent, je reçus toute l'ingratitude des uns et l'immense ignorance gustative du plus grand nombre dans les gencives. Et dans la bouche. Gustave Lambert, mort sous les boulets prussiens à Buzenval, était aussi l'homme des défis. Il avait presque mis au point le premier brise-glaces du monde. Vous étiez faits pour vous rencontrer. Il y aura forcément une place Jaco, dans 80 ans, dans le futur nouveau centre-ville de Toulon conçu et réalisé par l'arrière petit fils de Ricciotti qui, moins rugueux que son arrière grand-père, ne se prénommera pas Rudy mais Dulcy.
Difficile dans ces conditions de retrouver goût au combat, surtout lorsqu'un samedi soir de mai, on parvient à rassembler la foule totale et en folie de... six personnes !!! Sans doute l'écrasante majorité des 500 000 clients potentiels ne sont pas sortis de chez eux, préférant ranger dans leurs coffres et recompter sous le matelas, leurs morceaux de fromage (déclarés ou non), mais combien se sont encore précipités dans les pièges tendus à tous les coins de centres commerciaux et de plages par les spécialistes de la « restaugélation» ? sans compter que certains recongèlent illégalement les hachis Parmentier sauce Nantua qui n'ont pas trouvé preneurs !
Pour reconstruire au centre ville, le palais de Toulonnais -sans doute bombardé pendant la guerre ou définitivement aseptisé sous l'influence des invasions britanniques à répétition- j'avais pourtant employé les grands moyens. Imaginez le marbré, la consistance et le coloris chatoyant de ces pavés de rumsteck, ces imposantes colonnes de saucisse, ces entrecôtes monumentales dominant l'édifice, le tout subtilement scellé avec des tonnes d'aligot confectionné à la bétonnière. A part l'éclairage, les poubelles et la fontaine -pourtant bien nommée *- tout fonctionne admirablement pour accueillir des milliers d'autochtones. Nous avons même mis à leur disposition quatre parkings à proximité, pour qu'ils puissent marcher dans la ville et profiter des alizés sans trop s'épuiser. C'était les gâter trop : les Toulonnais sont modestes : ils n'auront pas voulu abuser
Tout était donc fait, dans le faste et le goût de la fête, pour les détourner de Grand Var où, tels des zombis (ou hétéros), ils déambulaient la mine triste, le teint jaune et l'estomac lourd. Nous leur désignions du doigt leur boite à gants : cherchez bien, votre cerveau à dû glisser au fond. Vous voulez manger de la viande ? Alors évitez à tout prix « l'Hippopotame » préférez l'Aubrac. C'est pas plus cher, c'est bien meilleur et ce n'est pas planté dans une zone intellectuellement insalubre mais dans une ville où bat le coeur de la civilisation (même bien chancelante). Nous les invitions, pour une fois au moins, à faire comme les autres, partout en France et dans le monde : pour sortir le soir et passer un bon moment, venez en ville … D'ailleurs pourquoi ne pas rêver ? Les gens aisés, les jeunes et même les élus pourraient découvrir Toulon et en conclure que ce n'est pas si mal ! Ce serait une belle révolution de... palais. Une seule solution pour rendre aux Toulonnais et à leurs voisins le goût de redescendre en ville : élire quelque descendant de l'impérissable Marius Escartefigue en lequel vibrerait encore la passion émouvante de son illustre aïeul. Quel enthousiasme tout à coup ! Rendre les clefs de la ville à cette dynastie contribuerait aussi à restaurer la restauration.    
L'un de nos fidèles, un médecin « à l'ancienne », tentait de m'expliquer l'autre jour pourquoi ses collègues d'Hyppocrate, au même titre d'ailleurs que d'autres professions libérales ayant signé le serment d'hypocrites tout en profitant de la zone franche (merci de passer dix secondes sur cette architecture sémantique basée sur l'oxymore) ne fréquentait pas Aubrac sur mer : « Ce que vous faites à manger est excellent et leur conviendrait très bien, si vous le leur serviez sur des nappes blanches... » Ah d'accord ! Avec Marie portant le chignon et Stéphanie la queue de pie ? Il faudrait que tu crées un salon Diafoirus avec un distributeur de clystères gratuits dans les toilettes et bien sûr du cautère sur jambe de bois au menu.
Il a certainement raison le brave homme, mais pour recevoir une poignée de toubibs en goguette avec leurs labos pharmaceutiques préférés et une bande de coquins du barreau*, il est hors de question que je me mette une plume dans le cul. Geste infiniment délicat que je n'entreprendrais, qui sait, que devant une tablée de grands écrivains. L'usage, hélas, s'en perd mais d'aucuns le pratiquent encore, une fois par an, début novembre, chez Drouant, place Gaillon, à Paris 2°.
Bref, qu'ils continuent à se précipiter en meutes en ces lieux branchés et nappés où les plats n'ont pas plus de goût qu'eux, souvent pas d'origine identifiable mais qui, tout en étant à bas coût, restent hors de prix compte-tenu du dégoût qu'ils inspirent. En évoquant la classe -sociale qui ne va pas toujours de pair avec la comportementale- nous avions en ce samedi de famine -et crise sur le gâteau-, un couple arrivé à vingt-deux heures et qu'il fallut évacuer à une heure dix. Deux clients uniques, ce samedi soir de mai, qui m'ont valu de travailler 18 heures pour un salaire horaire digne des petites mains pakistanaises ! Chut ! C'étaient des inspecteurs du Michelin... En partant, de gauche à droite et de haut en bas, bras dessous mais pas déçus, la dame déclama dans le lourd silence de la rue de la Glacière : « D'habitude quand je suis bourrée je ne sens plus rien de ce que je mange. Et bien là, Monsieur, chapeau ! j'ai trouvé ça très bon... » Et même s'il le faut, malgré trois litres de rosé, le pastis et l'armagnac, ils n'auront pas été malades.
Peut-on imaginer meilleur compliment ? On pressent que tu ne vas plus tarder à obtenir ta première étoile.
Jaco et BO
 

Ils sont venus, ils reviendront





Frédéric et Marc 
 

Et l'on ouvre la semaine avec deux nouveaux habitués (pourvu que ça dure !). Ils connaissent l'Aubrac et c'est toujours pour nous le meilleur argument pour recevoir de nouveaux clients. Ils furent aussi marqués dans leur jeunesse par le feuilleton que l'ORTF diffusa en 1971 : Aubrac-City. L'histoire d'un village de paysans de l'Aveyron qui décide d'aller s'implanter dans le Far-West, en amenant même le grand-père Bouladou (Rellys), tandis que la horde aubracienne était conduite par Becker (Jean Amadou). C'était absolument délirant. Magnifique. D'ailleurs je verrais bien Arte ou la Cinq, nous en repasser les 13 épisodes...



Bernard, Jean-Jacques, Philip et Philippe

La semaine prend du volume le mercredi, avec notamment Bernard. C'est en voisin, mais aussi en ami et en client convaincu, que le conseiller en communication ferme les lourds volets de la rue de la Glacière pour s'offrir la meilleure viande du monde providentiellement tombée devant chez lui. Le voici avec Jean-Jacques que les habitués du Palais ne manqueront pas de reconnaître. L'un de ses avocats capable de faire 500 mètres (effort gigantesque) pour découvrir et apprécier la qualité. Et puis au fond à droite, Philip et Philippe qui nous avoua ne pas avoir été trop satisfait lors de sa première visite (ça existe donc !) et qui cette fois aura été convaincu.



Joe et nos amis d'Olargues
Avant de connaître le plus mauvais samedi soir de notre existence (la pluie peut-être ?) le midi avait été plus animé. Notamment grâce à la présence de Jean-Paul qui est un animateur hors-pair du comptoir d'Aubrac sur mer. Le patron de notre vis à vis, le magasin de vêtements de marques Joe Allen, sait en effet apporter une petite note excentrique à la sobriété légendaire des gens du haut-plateau. C'est d'ailleurs même étonnant qu'il ne nous ait pas encore demandé un pourcentage... Il a ici trouvé un public avec ce couple de Toulonnais parti vivre, près de chez nous, à Olargues dans la montagne noire. Pas fous ceux-là !



Marie-Jeanne, Jean-Pierre et Jean-Guillaume

Nous avons, grâce à la Force de la race Aubrac, un noyau d'amis et de fidèles qui nous permet de tenir le coup lorsque les mauvaises semaines s'enchaînent. Sans quoi il y a bien longtemps que nous ne serions plus là. Parmi eux Marie-Jeanne qui n'est pourtant pas Toulonnaise -mais Valettoise, nuance !- et Jean-Pierre, pourtant sans arrêt au restaurant, mais qui, même en congés s'impose encore l'épreuve de la nappe à carreaux. Bien que nous n'en ayons pas. Enfin bref, ils sont là quand il faut et on les en remercie. Avec qui il faut aussi, en l'occurrence. Car le jeune homme sur la droite, c'est Jean-Guillaume. Supporter de Clermont (moi je dis encore l'ASM !) il a connu Jean-Pierre, le Rouge et Noir, à Dijon. Mais il est en réalité de l'Aubrac, natif de Saint-Chély-d'Apcher en Lozère. Inutile de vous préciser que comme toujours dans ces cas-là, nous avions la pression. Mais apparemment nous avons passé l'épreuve avec succés. Et nous reverrons sans doute Jean-Guillaume puisque le voici installé à Nice où il est dirceteur des exportations de produit cosmétiques naturels. A base de gentiane peut-être ? 

Rina et Patrick

Et puis il nous reste une poignée de collègue qui prennent la peine (ou le plaisir) de venir nous voir au bout de monde. C'est le cas de Rina et de son mari Patrick, lequel à d'autant plus de mérite qu'il ne se déplace que sur une patte (ou pas loin). Pour Rina, le plus compliqué n'est pas de la faire payer, ni même revenir, non le souci c'est de la prendre en photo. Elle ne veut jamais ! sans doute une coquetterie de professionnelle... photographe. Ben du coup, effectivement, ce n'est pas ce qu'on a fait de mieux. Mais Rina, tu es magnifique, même en faisant la grimace ! 

Suzanne et Georges


Il aura donc suffi que l'on écrive que nous n'avions pas assez de toubibs, pour qu'ils se précipitent à notre table sans « nappe blanche ». Voici donc Suzanne (dermato) et Georges (pédiatre) dont on admire l'élégante simplicité . Bien sûr il ne s'agit pas de leur faire de la pub, mais si j'avais des « boutons » et retombais en enfance, c'est chez eux que je me rendrais sans hésiter. D'autant que ce n'est pas leur première visite et qu'il leur arrive de prescrire une visite à la « pharmacie » d'Aubrac sur mer.


Olivier et Patrick

Il me reste quelques confrères, je veux dire des journalistes qui pensent que c'est toujours mieux d'aller manger chez un ancien collègue qui cuisine, que de s'attabler chez un vrai restaurateur qui décongèle et micro-onde. D'ailleurs Olivier a même poussé la confraternité à m'inviter dans les pages de son Métropole (mensuel économique du Var à retrouver chez votre marchand de journaux). Mais, s'il travaille bien, Olivier cherche à faire évoluer son canard. D'où l'idée de consulter Patrick, que nous avons connu du temps de Radio Bleue, mais qui fut grand reporter à RFI puis rédacteur en chef de France Info. Bref, une « pointure » qui prodigue désormais ses conseils tout en utilisant son image. Alors si vous souhaitez mieux communiquer allez sur http://www.image-conseil.fr/


Vincent, Pierre-Henri, Laurent et Olivier
 
La photo n'est pas très bonne. Normal elle a été prise avec un smartphone (ou un iPhone je sais plus, mais un truc qui sert à téléphoner). Et c'est dommage car avoir deux élus toulonnais à la table d'Aubrac sur mer cela n'arrive pas tous les jours. Même pour un café. Enfin là vous aurez reconnu Claude-Henri, également directeur de l'Opéra et Laurent l'adjoint au commerce, l'un de nos très rares et trop rarement habitués. D'autant que nous sommes toujours enchantés de recevoir les disciples de Bacchus. Vous aurez reconnu évidemment, à droite l'un de nos clients préférés, Vincent de l'AGEC qui nous assure de sa présence régulière.Et nous amène régulièrement de nouveaux adeptes, tels qu'Olivier (à gauche) qui participe au difficile réveil du centre-ville de Toulon. 

Christian et Robert

A droite, vous le reconnaissez, même s'il n'a de Benetton que les origines. C'est notre ami Robert, qui aura autant de difficultés à devenir maire de Toulon que nous à vendre de l'aligot dans cette région. C'est un peu ce qui nous rapproche, voire ce qu'on nous reproche. A gauche, c'est Christian, le directeur du Royal http://www.cineroyaltoulon.com/. Vous savez ce cinéma « art et d'essai » -ça change de Mayol- planqué derrière la Poste centrale (rue Bertholet) et qui ne diffuse -presque- que des films intelligents. Lui c'est pareil, il a en commun de résister aux cinoches des centres commerciaux et du scénario congelé. Au programme cette semaine : Hannah Arendt, Le coeur à ses raisons (dernière aujourd'hui), l'Ecume des jours, Mud, sur les rives du Mississippi et l'inévitable Gatsby le magnifique (en 3D SVP). Alors, pitié arrêtez d'engraisser les cochons de Grand Var et venez vous faire une belle toile au Royal. Ce qui ne vous empêchera pas de bouffer ensuite du pâté... à Aubrac sur mer.



Jean-Marc et Bastien


Tiens ! On le connaît celui-là. Le grand, le plus « âgé ». C'est Jean-Marc du groupe vocal Occicant qui vient nous régaler de ses choeurs vaillants au creux de l'hiver. D'ailleurs, ils ne chantent pas qu'en hiver ces Corso-Aveyronno-Provençaux. Il seront chez nous, en terrasse pour un dîner-concert de derrière les fagots le mercredi 12 juin au soir. Nous en parlerons plus en détail la semaine prochaine, mais les lecteurs de ce blog peuvent déjà réserver, car nous ne prendrons pas plus de 25 personnes, comme d'hab... Au fait, Jean-Marc est ici accompagné de Bastien son étudiant de fils en vacances et visiblement conquis par la viande d'Aubrac...



Lucienne et Maurice

Eux aussi nous accompagnent depuis quasiment le début de notre aventure. Ces anciens parisiens retrouvent sans doute -de loin en loin- cette ambiance de bistrot qui fait le charme de la capitale et dont l'esprit était totalement absent dans nos contrées. En écoutant Philippe Clay ils évoquaient pour moi leurs émouvantes rencontres avec l'ami Pierrot Perret, Jean Yanne (avec lequel Lucienne allait à l'école) ou encore leurs potes Roger-Pierre et Jean-Marc Thibault. Et comme dirait l'autre, hélas, ça remonte...



Geneviève, Mireille, Alain et Lorenzo

Côté rigolade nous avons franchi des sommets, normal pour l'Ascension. Avec la visite du père Jaube, l'inénarable Alain, dont le parcours politique, géographique, voire rugbystique ne laisse d'entretenir la chronique. Mais le personnage est terriblement attachant et pour avoir passé beaucoup de temps au téléphone ou en voiture vers Agen, Grenoble ou Aurillac, je vous certifie qu'on ne s'en lasse pas. Le voici désormais à fond dans les affaires culturelles hyéroises dont il est l'adjoint référent. Et si vous voulez de ses nouvelles allez le voir sur son blog   http://alain.jaubert.over-blog.fra . Il était accompagné de Geneviève . Et comme, tout à côté, il y avait Lorenzo notre client et ami républicain espagnol, mais d'abord Français et même Auvergnat de naissance -ainsi que son épouse Mireille- nous n'avons pas résisté au plaisir de réunir ces élus des deux bords et de deux villes, mais d'abord à nos yeux, bons vivants, connaisseurs et bons... camarades.



Françoise, Danièle et Charly



 


Et le lendemain, c'est un pote de Jaube qui s'est présenté pour la première fois grâce à  Françoise, notre amie sur la gauche. Voilà donc Charly intronisé en compagnie de Danièle, dans la confrérie des joyeux tastes-aligot.

 

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Chronique du 14 mai 2013

         Reconstruire votre palais         

A défaut de rebâtir un centre digne d'une grande ville baignée de soleil et bercée de souvenirs, faute de ne pouvoir reprendre l'architecture portuaire par le bon bout et dans l'incapacité de déplacer la montagne de Grand Var vers la rue d'Alger (comme tous les élus, ceux qui en avaient le pouvoir, l'auraient dû faire), j'avais entrepris de reconstruire le palais des toulonnais.
Cela faisait belle luette que j'y pensais tout en pressentant que ce serait un travail de longue et -peut-être aussi de mauvaise- haleine. Lorsqu'après l'avoir eu sur le bord des lèvres, puis en avoir pris langue, j'eus trouvé ce local, Place Lambert, à me mettre sous la dent, je reçus toute l'ingratitude des uns et l'immense ignorance gustative du plus grand nombre dans les gencives. Et dans la bouche.
Difficile dans ces conditions de retrouver goût au combat, surtout lorsqu'un samedi soir de mai, on parvient à rassembler la foule totale et en folie de... six personnes !!! Sans doute l'écrasante majorité des 500 000 clients potentiels ne sont pas sortis de chez eux, préférant ranger dans leurs coffres et recompter sous le matelas, leurs morceaux de fromage (déclarés ou non), mais combien se sont encore précipités dans les pièges tendus à tous les coins de centres commerciaux et de plages par les spécialistes de la « restaugélation» ?
Pour reconstruire au centre ville, le palais de Toulonnais -sans doute bombardé pendant la guerre ou définitivement aseptisé sous l'influence des invasions britanniques à répétition- j'avais pourtant employé les grands moyens. Imaginez le marbré, la consistance et le coloris chatoyant de ces pavés de rumsteck, ces imposantes colonnes de saucisse, ces entrecôtes monumentales dominant l'édifice, le tout subtilement scellé avec des tonnes d'aligot confectionné à la bétonnière. A part l'éclairage, les poubelles et la fontaine -pourtant bien nommée *- tout fonctionne admirablement pour accueillir des milliers d'autochtones. Nous avons même mis à leur disposition quatre parkings à proximité, pour qu'ils puissent marcher dans la ville et profiter des alizés sans trop s'épuiser. 
Tout était donc fait, dans le faste et le goût de la fête, pour les détourner de Grand Var où, tels des zombis (ou hétéros), ils déambulaient la mine triste, le teint jaune et l'estomac lourd. Nous leur désignions du doigt leur boite à gants : cherchez bien, votre cerveau à dû glisser au fond. Vous voulez manger de la viande ? Alors évitez à tout prix « l'Hippopotame » préférez l'Aubrac. C'est pas plus cher, c'est bien meilleur et ce n'est pas planté dans une zone intellectuellement insalubre mais dans une ville où bat le coeur de la civilisation (même bien chancelante). Nous les invitions, pour une fois au moins, à faire comme les autres, partout en France et dans le monde : pour sortir le soir et passer un bon moment, venez en ville … D'ailleurs pourquoi ne pas rêver ? Les gens aisés, les jeunes et même les élus pourraient découvrir Toulon et en conclure que ce n'est pas si mal ! Ce serait une belle révolution de... palais.

L'un de nos fidèles, un médecin « à l'ancienne », tentait de m'expliquer l'autre jour pourquoi ses collègues d'Hyppocrate, au même titre d'ailleurs que d'autres professions libérales ayant signé le serment d'hypocrites tout en profitant de la zone franche (merci de passer dix secondes sur cette architecture sémantique basée sur l'oxymore) ne fréquentait pas Aubrac sur mer : « Ce que vous faites à manger est excellent et leur conviendrait très bien, si vous le leur serviez sur des nappes blanches... » Ah d'accord ! Avec Marie portant le chignon et Stéphanie la queue de pie ?
Il a certainement raison le brave homme, mais pour recevoir une poignée de toubibs en goguette avec leurs labos pharmaceutiques préférés et une bande de coquins du barreau*, il est hors de question que je me mette une plume dans le cul. Geste infiniment délicat que je n'entreprendrais, qui sait, que devant une tablée de grands écrivains.
Bref, qu'ils continuent à se précipiter en meutes en ces lieux branchés et nappés où
les plats n'ont pas plus de goût qu'eux, souvent pas d'origine identifiable mais qui, tout en étant à bas coût, restent hors de prix compte-tenu du dégoût qu'ils inspirent. En évoquant la classe -sociale qui ne va pas toujours de pair avec la comportementale- nous avions en ce samedi de famine -et crise sur le gâteau-, un couple arrivé à vingt-deux heures et qu'il fallut évacuer à une heure dix. Deux clients uniques, ce samedi soir de mai, qui m'ont valu de travailler 18 heures pour un salaire horaire digne des petites mains pakistanaises ! En partant, de gauche à droite et de haut en bas, bras dessous mais pas déçus, la dame déclama dans le lourd silence de la rue de la Glacière : « D'habitude quand je suis bourrée je ne sens plus rien de ce que je mange. Et bien là, Monsieur, chapeau ! j'ai trouvé ça très bon... » Et même s'il le faut, malgré trois litres de rosé, le pastis et l'armagnac, ils n'auront pas été malades.
Peut-on imaginer meilleur compliment ?
Jaco

* Nous avons évidemment d'intègres clients -et parfois amis- toubibs et avocats


* Fontaine du Vieux Palais
Situation : Place Gustave Lambert
Date de construction : 1776
Caractéristiques : Le vase délicatement sculpté est surmonté de 4 dauphins soutenant un fleur de lys.
Architecte : Brun
Tailleur de pierres : Votier
Histoire : Sur la place Saint-Pierre
(aujourd'hui place Gambetta) est élevée
en 1654 une modeste fontaine raccordée au Canal des Eaux Potables.
En 1776 la fontaine actuelle la remplace
mais la Révolution a raison de la fleur
de lys et des dauphins.

Elle reste en l'état avant d'être très
endommagée par un arbre déraciné
lors d'un violent coup de Mistral.
Elle est alors démontée, restaurée et
déplacée sur la place du Vieux-Palais à
proximité de l'ancien palais de justice.(qui deviendra place Gustave Lambert en 1899.)
Les bombardements et les combats
de la libération en 1944 nécessiteront
une nouvelle restauration. On la doit
en partie à... Aubrac sur mer .
Source : http://lesfontainesduvar.free.fr

Chronique du 7 mai 2013

        Madrid, ni barjot, ni frigide      


Je n'évoque que rarement mes voyages. D'ailleurs je ne voyage jamais. J'ai horreur de ça. Il semble que tous les snoc, via Facebouc, se donnent rendez-vous dans les aéroports. Il faut dire que lorsqu'on est de l'Aubrac, que voulez-vous que l'on aille se perdre ailleurs. L'Aubrac, si vous préférez, c'est un savant compromis du reste du monde : de la Mongolie à la Sibérie en passant par l'Alberta. Du coup, je croyais tout connaître (!) et je suis tombé de haut.

Ce week-end, je suis allé au bout du monde. Enfin ce week-end, il faut préciser lequel. Parce que, entre la fête des fainéants, celle du soulagement -une victoire sur les Allemands mérite, par les temps qui courent, une tournée supplémentaire- et de tous ceux qui consentent à monter au ciel sans demander leurs reste, les célébrations de mai, ressemblent davantage à une retraite anticipée ou, à tout le moins un deuxième mois de congés payés. Alors franchement, pour un pays en crise, entre ceux qui sillonnent le royaume désuni de Twickenham à Dublin, en passant par Nantes et probablement Paris, ceux qui partent au soleil ou préfèrent les musées en passant par "les ceux" qui filent à Madrid... pour un pays en crise disais-je, bravo !

Le bout du monde, pour moi, c'était Madrid ! Une destination à des années lumière, que je n'aurais jamais affronté sans ma bergère hispanisante qui, malgré un froid aux pieds chronique, ne semble pas considérer les ibères trop rudes, même début mai.

Au bout du monde nous y étions. Et nous qui paraissons tous les jours un peu plus au bout d'une époque, au bout du rouleau et à bout de nerfs, eux, ces conos, ils sont en plein boum.

Déficit budgétaire abyssal, taux de chômage spatial, perspectives inter sidérantes et ils sont tout sourire les types. Nous, il suffit qu'on nous enlève vingt centimes d'impôt et que l'on prononce ce seul mot, pour nous déformer la gueule comme si on venait de perdre un proche ou, pire, comme si Wilkinson souffrait d'une gastro...

Pas une merde le long de la plus petite calle ; pas un seul clébard qui pourrait en être le déposeur ; pas un seul pochard pissant la bite à l'air et la tête altière ; pas un 4X4 avec le pare-buffle pour vous pomper l'oxygène, pas même une vieille Seat à bout de souffle ; pas une poubelle éventrée le long d'un trottoir, pas même un mégot de clope ; pas une altercation, une interpellation. Sidérant. A une heure et demie de Toulon à vol d'Airbus (hélas c'était un Boeing), il existe des millions de gens qui savent se tenir proprement et vivre joyeusement ensemble.

Deux choses m'ont plus particulièrement épaté et méritent que nous les partagions. Nous nous trouvions là-bas le soir d'une demi-finale de Ligue des Champions. Un événement planétaire, puisqu'il s'agit de foot. Et je n'imaginais pas que les Madrilènes puissent échapper à ce terrible phénomène qui transforme un homme aux apparences normales en hystérique décérébré éructant dans un langage préhistorique sa préférence pour les « Rouge » et son abhorration des « Noir ». C'est simple, le jour du match en me promenant dans Madrid ou les spanzers du Borussia défilaient en Jaune sur la Puerta del Sol, je me demandais encore quelles pouvaient être les couleurs du Réal. Certes avec quatre buts à rattraper, les « Bleu et Blanc » en avaient pris un sérieux coup derrière la cabeza, mais on sent bien qu'ici le sport n'est pas à la base de tout discours sur la méthode ni des grands traités philosophiques.

La seconde, c'est l'histoire très simple des halles San-Miguel -près de la plaza Mayor pour ceux qui connaissent-. Un monument de verre du XIXe transformé en temple des tapas. Mille personnes dans des allées pouvant en recevoir -raisonnablement- trois fois moins. Eh bien, un verre de « tinto » dans une main, une brochette de mejillones dans l'autre, tu peux traverser de long en large sans jamais être estomaqué par un coup de coude, un regard furieux, une invective, ou une bousculade. Et si cela doit arriver, tu comprendras puisque ce sera dit en Français. Bref, tandis que tant de gens sont si fiers de l'être, je me suis senti un peu minable. Quoi que, sur ce coup je me sois aussi bien comporté, je vous le promets. Mais je me marrais tout seul en imaginant la même scène de l'autre côté de la frontière, à Perpignan par exemple !

Nous étions le premier mai et en Espagne, ce jour est l'un des symboles forts pour un peuple sorti de la dictature franquiste il y a moins de quarante ans et qui se retrouvait là, naguère, sur la place et la menace des blindés du généralissime. Une dictature pouvant en cacher une autre, c'est celle de la finance et de ceux qui la manipulent, qui pousse Madrid dans la rue. Mais encore et toujours sans la moindre trace de désordre et d'agressivité

Certes le patron du syndicat CNT ne semblait pas débiter dans les hauts parleurs de la puerta del sol une comptine pour gamine sortant pour la première fois sans sa couche... Il avait des choses à marteler, le type, contre la récession et la politique ultra-libérale qui a conduit -aussi- les Espagnols à rêver de richesse, alors qu'ils auraient pu se contenter de vivre. Et dix minutes après le passage de la manif, un escadron d'agent municipaux (et non de je ne sais quelle société privée capable de faire travailler ses employés), s'activait à éliminer toute trace d'une colère somme toute contenue à la pose hardie de quelques autocollants et l'abandon subversif d'un mégot de cigarettes.

Mais ne mégotons pas, ce pays est propre comme une péséta neuve. A tel point que même le bon général Franco se réjouirait de telles tempérances. J'ai peine à croire que notre cher Maréchal éprouverait la même fierté à notre égard. Nous qui avons tant de difficulté avec le travail et infâmons la famille en la laissant dériver vers ces salauds d'homos qui veulent nous piquer nos enfants... Heureusement la patrie sera sauvée par une moralisatrice qui s'est autoproclamée Frigide... et qui le porte sur elle !

En Espagne ils se sont indignés pour moins que ça ! Dignement...

                                                                                    Jaco 

Chronique du 30 avril 2013


         La fureur de vivre...             



Bon, je rentre pour écrire cette chronique. Je viens de m'en fumer une et elle était bonne. Ceux qui me connaissent doivent s'étonner, car je ne fume jamais le matin. Mais, exceptionnellement, nous sommes le soir. Oui, parce que dimanche, à l'aube, je fais comme tous les snoc. Je prends l'avion pour le week-end. Je pars à Madrid. C'est pas moi, monsieur, je vous l'jure. C'est ma femme qui a des envies d'Espagne. J'aurais pu lui offrir un seul billet, mais elle serait foutue de trouver un Hidalgo -pas Michel, franchement vous l'avez vu ces derniers temps ?-... Remarquez, ce pourrait-être la solution, moi qui recherche la tranquillité ! Mais ce n'est pas là notre affaire...
Et puis l'Espagne, même si ça ne vaut pas la Grèce, c'est bien quand même ! On y rencontre des tas de gens qui sont deux fois plus dans la merde que nous. Vous avez vu ? Plus de six millions de chômeurs ! Finalement on a encore de la marge...
Fumer, c'est quand même agréable. Et je me demande bien pourquoi nos gouvernants s'obstinent à tellement vouloir nous en dissuader. On serait de bien meilleure humeur si l'on n'était pas contraints à cette abstinence quasi généralisée. Qui vient en corolaire à tant d'autres frustrations. Car c'est toujours au même âge que l'on cumule les interdits. Certes nous sommes encore libres de faire l'amour, il ne nous manque plus que l'envie et surtout le partenaire qui la suscite. Où alors il faudrait d'exceptionnels moyens. De constitution ou de liquidité.
On pourrait picoler aussi. Une clope, un vieux bas-armagnac, quoi de mieux pour se rasséréner à défaut de se régénérer ? Mais là, pareil, il y a les campagnes de pub : « Un verre ça va, trois verres bonjours les dégâts. » Où alors : « Tu t'es vu quand t'as bu ? » Et merde, tu jettes ton verre et tu finis devant Kho Lanta à t'emmerder sur TF1 devant des snoc en short qui bombent le torse en avalant un ver.
Je ne vous parle pas d'un repas gargantuesque à Aubrac sur Mer. S'il n'y avait ces conos de toubibs qui vous observent avec un air condescendant pour les meilleurs, avec un regard menaçant pour la majorité, tout irait pour le mieux. Un plateau de charcuterie avec son jambon et sa saucisse qui vous place déjà en position d'attaque... cérébrale. Suivi d'une belle entrecôte bien grasse de plus de 300 grs et d'une assiette de fromages surdosés en bactéries (Néanmoins j'admets l'absence lacunaire de frites qui à elles seules peuvent dévaster la planète). Une crêpe au cointreau ou une croustade pour vous achever, le tout arrosé d'un Flars de Marcillac et d'une eau de vie de prune pour lever tous les doutes.
Et après la gnole, la bagnole. Avec un gramme, qu'est-ce que tu risques ? Qu'est-ce que tu risques ? De garder ta prune en travers pour un sacré bout de temps. Parce que maintenant, avec seulement la moitié, tu en as pour deux fois. Tu t'enfiles un pastis et au deuxième verre de pinard, tu t'arrêtes net lorsque le rouquin entame le dernier tiers. C'est qu'à défaut d'éthylotest -finalement non obligatoire parce que le fabriquant exclusif était un ami de Sarko mais pas de Hollande- il te faut te munir d'un mètre-ruban pour mesurer ce que tu t'envoies dans le gosier. Qui finit par être terriblement sec à moins de commettre l'imprudence d'absorber de l'eau sur un tripous de Conquet ou un laguiole « grand Aubrac ».
Je ne suis décidément pas un grand stratège politique. Je croyais vaguement avoir une idée de ce qu'était le social avant que tous les gens de droite me crachent à la figure et que ceux de gauche balaient mes dernières espérances jauressiennes (ce qui revient à parler de l'ère jurassienne). Quand à l'économique, j'ai toujours eu conscience d'appartenir à la catégorie des comiques incultes. Mais quand même, il me semble que si j'avais le moindre pouvoir de remettre notre système en marche, je replacerais toutes ces bonnes choses au coeur de notre consommation compulsive. 
Quand on voit ce que rapporte les taxes colossales sur le tabac, l'alcool et le pétrole, je donnerais illico pour consigne aux moralisateurs de tous poils (les ligues de ceci et les fondations de cela) de garder leur prêches et leur reproches pour leur seul usage privé.
Je passe évidemment sur les courbes statistiques du moral des français qui remonteraient en flèche, lorsqu'ils seraient interrogés, clope au bec, après un beau gros cassoulet et une belle biture. Certains seraient même foutus à cinquante berges de trouver leur femme consommable et de leur filer une dernière cartouche. Les types laisseraient dans leur cartouche -de cigarettes-, leur stock d'alcools forts et leurs litrons d'essence consommés nerveusement à deux heures du matin, le double, peut-être même le triple, dans les caisses de l'état, que ce qu'ils versent tristement aujourd'hui, rongés par la culpabilité et la concupiscence.
Je ne sais pas compter au delà de 500 euros (c'est ce que je gagne par jour, mais une seule fois par mois), pourtant il me semble que les petits milliards de taxes ramassés chaque année par l'état connaîtraient un engraissement exponentiel. Et à nous la belle vie !
Enfin pas trop longtemps quand même ! Car une telle relance de la consommation de nos goldiches sans filtres, de nos gros rouquins et de nos petites poires -le tout en appuyant gaiement sur le champignon- aurait pour effet de relancer en grandes pompes... funèbres, l'industrie de la menuiserie et de la marbrerie. Car tout ce que j'énumère depuis que je me suis mis à composer la chronique la plus importante -peut-être- du XXIe siècle, flatte et concerne l'industrie française : Altadis, LVMH, Total, AFIF. Un platane à quarante ans, un infarctus à cinquante, un cancer à soixante, le SIDA à soixante dix...
Vous imaginez le nombre d'emplois libérés ! Et pas n'importe lesquels, puisque ce sont de joyeux drilles expérimentés, qui s'en iraient rejoindre un monde définitivement égalitaire, en pleine santé -ou presque- et, certainement, d'excellente humeur. Terminé le chômage et vive l'ascenseur social.
Quant aux retraites, je vous dis pas ! Avec tous ces gens heureux qui casseraient leur pipe en même temps que leur verre ou leur auto, il y aurait bien plus de cotisants que de bénéficiaires. On pourrait même abaisser l'âge de départ à cinquante-cinq ans, vu que plus grand monde n'y parviendrait...
Pareil pour la sécu. Plus de remboursements de listes de médocs -et autres placébos- délivrés à tour de bras par les toubibs et leurs amis des -col- labos. Plus d'aide à la personne qui coûtent un oeil ni de maisons de retraites où toute la collectivité est saignée à blanc pour engraisser quelques notables...
Alors vous êtes convaincus ? C'est tellement simple...
Pour se sortir de la crise, il y a toujours autant de snoc qui prétendent qu'il faudrait « une bonne guerre ». Moi je vous le dis, il ne reste qu'une solution : prendre du plaisir à vivre... Il faut juste avant se débarrasser des snoc. Oui, je sais, vaste programme...
Et pour le reste, ma foi, vous mes amis lecteurs du blog qui supportez mes blagues depuis plus de trois ans (et celles de mon beau B.O. depuis bien moins longtemps heureusement !!!), vous n'êtes pas obligés de prendre tout ça au sérieux. Même si l'ineptie peut accidentellement vous conduire à la réflexion.
Jaco

Stéphanie... versaire




Elle est gonflée notre Stéph, elle vient tranquillement se faire servir alors que nous sommes encore à la mine, en cuisine. Remarquez samedi, elle était plutôt la bienvenue avec ses deux adorables minots -Léona et Matéo- puisque la salle sonnait plutôt vide et que nous étions donc tout heureux de nous occuper un peu. Et puis on a pas tous les jours 27 ans. Ça n'arrive même qu'une fois dans la vie. Alors nous étions ravis, avec Awa, de lui souhaiter un bel anniversaire et tout le bonheur qu'elle mérite.


Chronique du 23 avril

        On en a plein le Mc Do !          


Ça y est nous y sommes. On confirme, c'est la crise. A force d'entendre sur toutes les ondes et sur tous les tons, que le déficit rongeait la société et qu'il fallait accroître le chômage pour réduire la dette, le Français moyen (et quand on, dit moyen, c'est par grande indulgence) a placé tout son pognon dans les destinations ensoleillées et à l'ombre, chez nos amis banquiers qui, du coup, ne se sont jamais aussi bien portés.
Et nous, à force de baisser la tête en se disant qu'on allait finir par y arriver, ça y est nous y sommes passés... sous la barre des cents. Et de l'indécent ! Moins de cent clients la semaine, c'est aussi moins de quinze par jour. C'est surtout insupportable. Intenable !
Certes, nous avons réussi à rentrer dans Toulon sans bouchon. C'était une consolation... mais un mauvais signe. Nous n'en avons quasiment pas fait péter un de la semaine, de bouchon. Mon banquier (encore lui) et mon comptable ne devraient pas tarder à m'appeler en me disant : « Oh ! qu'est-ce que vous faisez ? » (les comptables ont souvent des problèmes de syntaxe)
Qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on fait... ils en ont de drôles eux ! A moins de tenir une restaurant qui ne fait pas à manger mais où les jeun's aiment à se retrouver au Mourillon ou sur le pauvre port de Toulon en train de s'esbaudir devant une carapace reptilienne, je ne vois plus très bien ce qu'il reste à faire pour sauver les meubles et sauvegarder la race Aubrac !
Une fois le constat fait, on ne peut s'en prendre à personne sinon à nous même. A moi-même, oserais-je, si je n'avais crainte de sembler me vanter. La preuve est bien établie que, quatre ans de commerce ne m'auront pas suffit pour devenir un professionnel de la restauration.
Etre pro, ce n'est pas accueillir le client bras ouverts et sourire naturel ; ce n'est pas lui offrir les meilleurs produits de la création en se réservant la plus infime marge ; ce n'est pas le servir à sa convenance en se rendant disponible et lui offrir le café -et même le « pousse » le soir-.
Etre pro, ce n'est pas se démener pour le client, c'est au contraire, le malmener. Se garder de tout égard et de toute prévenance. C'est lui refiler n'importe quoi. C'est faire croire qu'il va bien s'en tirer et lui enfoncer la note aussi loin que possible dans le trou de balle...
En rentrant trop tôt à la maison, vendredi soir, j'ai pu mesurer la queue -basse- au « drive » du « Mac de mes deux » à La Garde. Vingt voitures qui attendaient leur hamburger et leurs frites à vingt-trois heures ! Avec à bord, la moitié d'obèses et l'autre de dégénérés, certains cumulant le luxe des deux. Ah ça, Monsieur Do, son banquier et son comptable ne sont pas prêts de l'appeler pour lui demander « Oh, qu'est-ce que tu fous ? » Foutre, lui, c'est son métier à M. Do. Un vrai pro.
Et ça ne va pas s'arranger. Et on n'a pas fini d'enrager ! Parce que figurez-vous que l'Europe fédérale -celle qui n'a de cesse de nous tordre le kiki – a rejoint l'OMC, le truc censé régler la circulation -... mais en aucun cas la morale- du commerce mondial, pour autoriser derechef la libre circulation et l'exportation du boeuf des Etats-Unis. Soit quelques centaines de milliers de tonnes, dont nous n'aurions en théorie nullement besoin, vu que les bovins en France on sait les produire, c'est même à ça qu'on nous reconnaît !
Le boeuf américain, vous savez, ce truc difforme que l'on identifie uniquement grâce à ses cornes et qui a couté sa carrière au cycliste Contador, lequel a eu le malheur d'en ingurgiter une seule tranche et dont tous les contrôles anti-dopage ont fini par virer au rouge ! Rendez-vous compte que ces bovins absorbent autant de produits qu'un sportif de haut niveau, alors même qu'on ne leur demande ni de pédaler, ni de sauter, ni d'ailleurs de pousser en mêlée, même si en l'espèce, on peut leur reconnaître quelques qualités... hormonales. Que leur demande-t-on d'autre qu'un peu de tendreté, de saveur et de constance dans l'assiette ?
Avec la réouverture de nos frontières à la viande nord-américaine, non seulement nous nous empoisonnons à petit feu -ou bien plus vite- mais nous allons finir par éradiquer tout ces conos de petits producteurs qui se battent pour maintenir des élevage de qualité, avec des normes draconiennes de soins et d'alimentation en sorte que nous ne mangions que des produits, sains, naturels et paysans.
Tout un tas de concepts qui freinent inutilement la progression de l'agroalimentaire et de la pharmacopée ainsi que la prospérité des grands groupes multinationaux domicilié au Luxembourg ou aux Caïman, qui portent si explicitement leurs noms.
Grâce aux experts de l'Europe, de l'OMC et de leurs chers lobbies qui les engraissent aussi généreusement que leur boeuf, nous allons aussi pouvoir -en foin- éradiquer tous ces écolos-rêveurs, tous ces malfaisants qui, dans leurs coins perdus, s'ingénient à contrarier l'ordre mondial avec leurs races Aubrac, Bazadaises, Salers et autres Montbéliardes dont on se demande bien à quoi elles peuvent bien servir, puisqu'elles ne rentrent pas entre deux tranches de brioche décongelée ?
Jaco

Violation de violon
 

Et comme rien ne nous est épargné, voici qu'un homme et son violon ont élu domicile au Bottier d'Orsay de sinistre apparence. Je ne dis pas violoniste car ce serait un outrage à notre amie Sylvie et à toute sa corporation. Le pauvre bougre secoue son archer sur de tristes cordes et ce n'est pas seulement faux, c'est lugubre. En fait, il ne manquait plus que lui ! 
Mais on ne baisse pas les bras, nous allons tenter de le convaincre d'aller se produire place du théâtre, aux abords de l'opéra... 

Nous trouver:


Agrandir le plan Aubrac sur mer - Place Gustave Lambert (en descendant la rue d'Alger vers le port, 50 mètres avant la boutique du RCT sur votre droite). Parkings à proximité: Parking Place d'Armes, Parking Mayol, Parking La Fayette, Parking du Port, le long de l'avenue de la République, cours Lafayette à partir de 19h...